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FICTION ou RÉALITÉ ?

UNE EXPÉDITION EN ABANDONNE UNE AUTRE
DANS UN GOUFFRE DE NOUVELLE GUINÉE.


Une polémique a éclaté après la disparition de trois spéléologues dans l'exploration d'un gouffre de Nouvelle Guinée, à la fin de la deuxième semaine de mai, lors d'une crue subite, qui a fait au total, douze morts, représentant la plus grosse catastrophe survenue sous terre. Aveuglée par l'esprit de compétition qui anime de plus en plus les spéléologues en quête d'exploit, une cordée japonaise a refusé de porter secours à une expédition indienne.
Trois hommes sont morts, abandonnés parce que, selon les propos d'un spéléologue japonais :
-Au dessous de -1000 mètres, on ne peut pas se permettre d'avoir de la morale.
Selon le célèbre spéléologue Claude Chevalier, cette fin de la morale est la fin de la véritable spéléologie.

Les faits :

A 8 heures du matin, samedi 11 mai, ils arrivent à la première difficulté de leur descente : un escarpement rocheux à la côte -1080. C'est alors qu'ils découvrent, à peine à l'écart de leur route, un spéléo indien à demi bloqué sous une voûte mouillante.
A en croire un des membres de l'expédition de pointe, l'homme est dans un état désespéré, il a du mal à s'exprimer. Il émettra simplement un grand bruit. Les deux spéléologues Japonais et leurs guides continuent leur chemin. C'est ensuite, une demi heure plus tard, le plus redoutable obstacle de la descente, le second à pic : un puits vertical d'une centaine de mètres. Une prouesse à réaliser à - 1250 mètres de profondeur, quand la fatigue est si forte que les spéléos parlent de zone de la mort.
L'échelle qui s'y trouvait les années précédentes s'est cassée. Il faudra aux cinq hommes près d'une heure pour rééquiper le puits. Dix mètres plus bas, ils découvrent deux autres spéléos indiens. L'un semble mort, l'autre est accroupi dans l'argile.
Pas un mot n'est échangé. Ni eau, ni nourriture, ni carbure ne passent d'une main à l'autre. Les japonais continuent d'avancer, pour se reposer 50 mètres plus loin, où ils déchaulent leurs lampes. (...)
Trois heures et demie plus tard ils arrivent les premiers au siphon, pour eux c'est l'accomplissement d'un rêve.(...)
Personne n'imagine que les Japonais auraient pu rendre la vie aux trois hommes. Mais la plupart estiment que si les cinq membres de l'expédition s'étaient occupés de l'Indien retrouvé au premier à pic, et que l'épuisement gagnait, celui-ci aurait pu être sauvé.

La compétition que se livraient les expéditions indiennes et japonaises a sans doute poussé les trois Ladakhi à partir vers le fond le 10 mai, soit un jour plus tôt que les Japonais, dans des conditions météorologiques incertaines, et sans être assurés de pouvoir ressortir à temps. Ils n'ont, pour cette expédition, quitté le camp de base qu'à 8 heures du matin, et quand l'orage a éclaté avec l'arrivée de la nuit, la fatigue et l'eau les ont empêchés de remonter.

Sordide précision à cette histoire d'ambition, de morale et de mort, le chef de l'expédition indienne a, peu après 18 heures, le soir du 10 mai, téléphoné par satellite au premier ministre indien, pour l'informer que ses trois hommes avaient atteint le fond sains et saufs. A quoi les Japonais ont publiquement répondu et sans ménagement n'avoir trouvé aucun signe - ni drapeau, ni traces de pas dans la boue - indiquant que d'autres avaient été victorieux avant eux.

100% DE REUSSITE 

Il suffit d'avoir une très bonne condition physique et l'équivalent de 30 000 F pour être admis dans une expédition commerciale dans les gouffres de Nouvelle Guinée. On comptait 150 candidats de cette nature dans les camps au bord d'un des gouffres les plus célèbres du monde. Parmi eux, un garçon de 16 ans et un homme de 67 ans qui espéraient inscrire leurs noms au livre des records. Ambitions qui n'ont pas été satisfaites bien qu'elles aient été attisées par des publicités dans des magazines vantant les  100 % de réussite en Nouvelle Guinée  (...)


Bon, là vous pensez que c'est de la science fiction, vous n'y croyez pas. Vous avez presque raison, mais presque seulement. Les textes reproduits ci-dessus sont extraits d'articles du journal Le Monde du 26/05/1996 (page 16). Remplacez  Nouvelle Guinée  par  Everest , spéléologue par alpiniste et vous aurez le texte quasi exact de l'article paru.

Affreux, incroyable, mais pourtant vrai semble-t-il. Bon, vous vous dites maintenant que chez nous (en spéléo) cela n'arrivera jamais. Vous avez certainement raison, mais au fait Anapurna premier 8000 de Maurice Herzog c'était en quelle année déjà ?

La page 16, entièrement consacrée à ce drame est effrayante. Penser que des sportifs, des aventuriers, des hommes, puissent en arriver là pour le  plaisir  de gagner permet de mieux comprendre la polémique qui a agité la FFS et ses membres au moment de la tentative d'introduction de la compétition en spéléologie. Restons encore et toujours sur nos gardes il ne tient qu'à nous que de pareilles choses n'arrivent dans le  milieu spéléo .

Rabachol

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