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Foire Aux Questions de Souterweb

Tout savoir sans rien payer

Voici quelques questions souvent posées par le public aux spéléologues lors de réunions publiques (foire aux associations, rassemblements de spéléos) ou reçues par mail sur la messagerie de SOUTERWEB.

Certaines vous paraîtront peut-être cocasses mais nous les avons bel et bien entendues (parfois, certes, de la bouche d'enfants).

Si vous êtes un simple cuieux vous y trouverez peut-être des réponses à vos interrogations majeures.

1  : Faut-il être très sportif pour pratiquer la spéléo ?
Non, dans la plupart des cas il n'est pas nécessaire d'être un sportif émérite pour pratiquer la spéléologie. La spéléologie est une activité aux multiples facettes  : c'est tout autant une passion et une activité d'exploration et de recherche, qu'une activité sportive. Vous pouvez également ajouter à cela une autre facette scientifique et vous aurez un aperçu assez complet de cette activité qui ne comporte pas de compétition.
Par contre la progression sous terre demande des efforts physiques plus ou moins intenses suivant les situations. L'intégrité physique du pratiquant est indispensable ainsi qu'une bonne endurance; de plus il est primordial de connaître ses propres limites pour ne jamais les dépasser. Il faut surtout être conscient de ses capacités physiques et techniques dans l'instant présent : une simple grippe peut vous empêcher pendant plusieurs semaines d'être au top de votre forme et doit vous inciter à la plus grande prudence. Autre exemple : vous avez une entorse en fin de guérison, pensez à vous abstenir quelques jours encore de toute sortie difficile.
En résumé, c'est l'expérience qui vous aidera à contrôler votre état physique et à choisir vos sorties en fonction.
2  : A partir de quel âge peut-on faire de la spéléo ?
Il découle de ce qui est dit à la réponse de la question 1, que l'âge n'a pas une grande importance. On peut découvrir vers 4 ans la spéléologie dans le cadre d'une activité organisée par un centre de vacances et de loisirs avec l'encadrement nécessaire et, bien sûr, une cavité très simple et horizontale. La législation en vigueur a restreint l'accès aux verticales pour les jeunes d'âge scolaire, mais il y a encore quelques années l'expérience pédagogique de certains enseignants avait montré que vers 10 ans il était déjà possible de descendre et remonter (en double et avec assurance technique appropriée) des puits d'une dizaine de mètres.
À l'autre bout de la chaîne, on rencontre dans les clubs des retraités sexagénaires (ou plus) qui vont toujours sous terre, même s'ils ne font plus les mêmes cavités qu'à 20 ans...
3  : Pourquoi y a-t-il autant d'accidents en spéléo ?

La France compte environ 15 000 spéléologues dont environ 8000 sont fédérés à la FFS et 3000 à la FFCAM. On peut estimer au minimum à 350 000 le nombre de sorties/journées spéléologiques effectuées sur notre territoire en une année. Malgré cela, il n'y a en moyenne que 30 à 35 interventions du Spéléo Secours Français par an. Il faut noter également que près de la moitié de ces accidents ne sont pas dus à proprement parler à des spéléologues (enfants en quête de mystère, touristes égarés, chutes de promeneurs etc.) En résumé, avec un taux d'interventions de 0,01 % par sortie ou de 0,2 % rapporté au nombre de pratiquants, la spéléologie n'est pas une activité dangereuse, d'ailleurs dans les deux tiers des cas il n'y a pas de blessé à déplorer au final. Par contre, une à deux fois par an un accident est plus médiatisé que les autres de part son importance ou sa durée ce qui donne une idée fausse de leur fréquence. On parle bien moins des autres types d'accidents : en montagne par exemple depuis une vingtaine d'années, les avalanches causent en France environ 30 décès par an (source ANENA 2007-2008) et il y a aux alentours de 30 000 accidents de ski tous les ans rien que dans les Alpes Suisses (sources LAA, Suisse) et 140 000 blessés en France avec plus de 75 pronostics vitaux en jeu, soit un taux rapporté au nombre de pratiquants d'environ 2 % (source Médecins de Montagne). Par comparaison en spéléologie il y a en moyenne moins d'un décès par an. Un amateur de chiffres pourrait calculer ainsi que le monde souterrain est proportionnellent 10 à 20 fois moins dangereux que la montagne.

À noter : en 2009 le SSF disposait de 2000 sauveteurs formés sur l’ensemble du territoire et recense actuellement une baisse significative des interventions avec une moyenne de 28 secours par an contre 34 il y a moins de 10 ans (prévention et enseignement semblent porter leurs fruits).

Suppléments d'information :

  • En France tous les ans, les accidents domestiques causent plus de 15 000 morts (source Direction Générale de la Santé), les accidents de la route près de 5 000 morts (source Prévention Routière) et les accidents du travail environ 500 (source CNAM). Ces trois catégories représentent plus de 500 000 interventions des secours par an.
  • Les statistiques du SDIS (pompiers) pour l'année 2008 ne permettent pas de voir apparaître les secours aux spéléologues car il y en a bien trop peu pour en faire une catégorie spécifique (voir page 11 du document). elles sont probablement incorporées aux 2790 secours en montagne, qui forment déjà une des catégories les moins importantes.
  • Le rapport 2014 sur l'accidentologie des sports de montagne donne également des chiffres édifiants dans plusieurs tableaux et en fait une analyse très fine. Ce document permet de confirmer à la fois la faible accidentologie de la spéléologie, le fort taux de personnes secourues indemnes mais aussi, sur ces rares accidents souterrains, un taux de mortalité moyen relativement élevé de 33% qui est probablement à l'origine de la médiatisation et de l'interprétation souvent déformée que le public peut en avoir.
  • La Fédération Française de Spéléologie est la seule fédération prenant en compte et organisant elle-même son propre service de secours. Voir le site Internet du Spéléo Secours Français (organe de la FFS).
Voir le site du SSF 34
4 : Qui organise et paye ces secours ?
Le secours en spéléologie est à la fois rare (voir ci-dessus Q3) et techniquement pointu. Il y a en moyenne moins de 10 blessés par an en France sur le domaine karstique (et la moitié ne sont pas des spéléologues). Il ne serait donc pas rentable pour la collectivité de former et d'entretenir un corps de spécialistes pouvant intervenir à tout moment et sur tout le territoire. C'est donc la Fédération Française de Spéléologie qui organise le Secours Spéléo Français avec ses propres membres qu'elle forme et maintient en disponibilité permanente en liaison avec les services de secours classiques (pompiers, sécurité civile etc.). La loi française stipule que les secours sont gratuits en France pour le pratiquant. Le ski alpin et le ski de fond sont les seules exceptions à cette règle (l'assurance des skieurs devant rembourser les frais) car les pratiquants sont extrêmement nombreux et ont un taux d'accident bien plus élevé (voir ci-dessus Q3).
Les collectivités territoriales et le CASDIS (Conseil d'Administration des Services Départementaux d'Incendie et de Secours) assurent le règlement des frais de secours au même titre que les secours routiers. Les sommes demandées à l'administration par les sauveteurs SSF lors d'une opération de secours spéléo servent uniquement à rembourser les frais engagés (perte de salaire, de matériel, déplacements...) car les secouristes du SSF sont bénévoles. Ce fonctionnement était régi jusqu'en 2001 par une convention entre le Spéléo Secours Français et la Sécurité Civile. De plus, les spéléologues sont dans leur immense majorité munis d'une assurance spécifique proposée par la FFS ou comprise dans la cotisation de leur propre club.
Supplément d'information : Après une période de flottement très inquiétante en 2002 (dénonciation de la convention, secours désorganisés, notes de frais non payées), une nouvelle Convention Secours a été signée entre l'Etat (DDSC) et la FFS le 20/05/2003.
5  : Comment pouvez-vous respirer sous terre ?
À cette question souvent posée par les enfants, on répondra simplement : parce que c'est plein de courants d'air (normal il y a des trous partout) ! Pour être précis il faut signaler que certaines cavités, à certaines périodes de l'année, ont tendance à se remplir de CO2 : là effectivement on y respire mal...
6  : Est-ce que c'est une activité qui coûte cher ?
L'activité en elle-même ne coûte que le prix d'un abonnement et d'une assurance dans une association ou club de spéléologie et/ou la licence fédérale annuelle. Il est possible de pratiquer la spéléologie en dehors de ces structures mais on se prive de l'assurance fournie, des possibilités de formation des anciens, du prêt possible de matériel (qui lui est assez onéreux) et de la présence des camarades. Bref, démarrer seul n'est pas conseillé.
Ensuite vient le matériel : un casque avec éclairage et une ceinture en sangle sont un minimum pour démarrer. Plus tard viendront les baudrier, longes, combinaisons, bottes, mousquetons, cordes etc. Ce matériel est souvent prêté ou loué à faible prix dans les clubs de spéléo, il n'est donc pas nécessaire de tout acheter immédiatement. En résumé une année sans matériel coûte entre 50 à 120 Euros, (300 et 800 FF) et un équipement complet neuf aux alentours de 380 Euros (2500 FF) si on sait rester modeste pour l'éclairage.
Voir un site de vente de matériel spéléo et la page matériel individuel.
7  : En quelle saison peut-on pratiquer la spéléo ?
En France, pratiquement en toute saison surtout dans les zones peu élevées. Par contre en altitude, il peut être très important d'attendre l'hiver dans certains gouffres afin d'avoir un débit d'eau moindre. Ailleurs ce sont surtout les périodes très pluvieuses qui sont à proscrire car de nombreuses cavités peuvent devenir impraticables. Ces périodes sont en général de courte durée mais il est toujours important de s'informer sur les prévisions météos avant une exploration tout en étant conscient qu'hélas la météorologie n'est pas une science exacte...
8  : Quelle différence y a-t-il entre les clubs, le CDS et la FFS ?
Les clubs sont des associations qui regroupent les spéléos au niveau d'une ville ou d'une commune. Le Comité Départemental de Spéléologie regroupe les fédérés et les clubs d'un département il est l'émanation de la Fédération Française de Spéléologie qui chapeaute l'ensemble. Celle-ci assure la formation technique de cadres, organise le Spéléo Secours Français, édite plusieurs revues etc. Voir les coordonnées des instances fédérales ou le site web de la FFS.
9  : La spéléo est-elle compatible avec la défense de l'environnement, ne détruit-elle pas le biotope des animaux cavernicoles ?
Le spéléologue est avant tout un explorateur qui ouvre de nouvelles perspectives. De ce fait il est toujours tenaillé entre le désir de pousser la connaissance d'un réseau hydrologique ou d'un massif karstique plus avant et le risque évident de détérioration du milieu souterrain. L'intérêt du spéléologue est, quoi qu'il en soit, que les cavités qu'il découvre restent le plus longtemps possible en parfait état de conservation. Certaines cavités écoles très fréquentées sont relativement salies ou abîmées, par contre, d'autres sont protégées en accord avec les spéléos et les autorités compétentes (visites limitées, convention de protection de sites). Enfin, dans le cas des sites de reproduction des chauves-souris, certaines cavités sont fermées par des grilles étanches aux hommes mais laissant passer les chiroptères. Parfois aussi de grandes journées de dépollution de cavités sont organisées par les clubs ou les CDS (comme à Malaval en Lozère au mois de mai 2001 ou, en 2002, à l'aven du Colon par le Spéléo Club de Ganges dans l'Hérault). Par ailleurs, les spéléologues participent activement à la découverte des réseaux noyés pouvant servir de réserve d'eau potable dans les régions karstiques (topographies, inventaires, balisages). Si la source des Cents Fonts dans la vallée de l'Hérault devient en ce début de millénaire la nouvelle réserve d'eau pure de notre département (après la source du Lez), on le doit en grande partie au travail des spéléologues.
Voir la page de la commission environnement de la FFS et une page spécifique sur les Chauves-souris.
10  : Combien gagne un spéléologue ?
L'immense majorité des spéléos sont amateurs, ils gagnent donc beaucoup de plaisir mais pas un sou. Il existe seulement 1 à 2 % de spéléologues professionnels : éducateurs sportifs des centres de loisirs pratiquant la spéléologie, guides de spéléo et de canyon ou spéléologues ayant des parts commerciales dans des grottes ouvertes au public sont des professionnels. Ils ne sont que quelques centaines parmi les milliers de spéléologues passionnés dont ils font partie. Ces professionnels sont regroupés dans un syndicat, le SNPSC créé en 1988 dans l'Hérault.
11 : Je fais de la plongée en mer, puis-je passer immédiatement à la plongée spéléo ?
Cette activité est extrêmement différente de la plongée en mer. Certes vous avez des bases qui vous seront utiles, mais il faudra passer d'abord par toutes les étapes de la découverte de la spéléologie «terrestre». Ensuite il vous faudra aussi progresser scrupuleusement dans la technique propre à la plongée spéléologique, sans brûler les étapes.  Votre progression sera certainement plus rapide mais il ne faut pas en espérer plus : ce n'est déjà pas si mal ! Votre matériel sera certainement inadapté ou, pour le moins, à compléter. Le secret de la réussite réside, de toute façon, dans le suivi d'une bonne formation.
12 : Et si un tremblement de terre a lieu pendant que vous êtes dessous, ne risquez-vous pas d'être ensevelis ?

On peut dire en accord avec tous les géophysiciens, physiciens de matériaux etc. que les ondes séismiques sont peu sensibles en profondeur. Le témoignage de spéléologues, mineurs, usagers de tunnels ainsi que la totalités des sismographes installés sous terre un peu partout dans le monde confirme, qu’à l’exception du cas possible mais rarissime de proximité immédiate avec un plan de faille active lors de l’événement, l’amplitude de celui-ci diminue rapidement en profondeur et que les dégâts y sont en général nuls ou négligeables.

Assez simplement, le tremblement de terre ne se limite pas à l’effet initial de la rupture mais il comporte surtout des oscillations qui sont un mouvement élastique (comparable à celui d’une branche ou d’une tige qui balance).
En profondeur, les possibilités de mouvement de ce type sont très faibles et l’énergie se transmet sous la forme d’onde de pression (analogue à une onde sonore mais de fréquence beaucoup plus basse). L’amplitude du mouvement est faible et se mesure généralement en décimètres ou en centimètres pour des périodes d’ordre de la seconde ou plus. C’est pratiquement insensible, ce qui ne veut pas dire qu’un bloc instable ne puisse pas tomber ou des concrétions se détacher de la paroi, mais guère davantage.
En surface, l’absence de contrainte dans la direction verticale donne un degré de liberté au mouvement et l’absence de pression (qui ne peut pas être négative) induit une transformation de l’onde de pression en onde de mouvement. C’est cet effet d’amplification superficielle de l’onde du séisme qui la rend dangereuse.

La question est analogue à celle des vagues de la mer. Tous les plongeurs savent que leur effet diminue rapidement en profondeur et qu’à une dizaine de fois seulement leur hauteur en surface, le mouvement de l’eau est quasi-négligeable.

Merci à Michel W I E N I N

13 : Quelle différence entre l'escalade et la spéléo ? Je pratique déjà la première est-ce que ça va m'aider ?
Les techniques modernes de progression spéléo dérivent de l'alpinisme, d'ailleurs elles s'intitulent «spéléologie alpine». Pour autant les différences sont nombreuses tant au niveau de la progression que du matériel. Vous êtes déjà familier du vocabulaire, mais il vous reste bien des choses à découvrir et c'est tant mieux sinon, où serait le plaisir ?
14 : En résumé, quelle est votre définition de la spéléo ?
À mi-chemin entre le sport, la science et l'activité de pleine nature, la spéléo est avant tout une grande aventure pour passionnés.

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